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20.11.2007

Les manifs ça m'niffe...

En fait non... Les manifs, ça m'niffe pas...

En effet, il faut distinguer le cas des fonctionnaires de celui des privilégiés des régimes spéciaux... Ces derniers me niffent...

Et oui, pour les fonctionnaires c'est différent...

Ils méritent considération et égards tant de la part de l'Etat que de la part de leurs concitoyens... pour ceux au moins qui ont le sens du service public...

Ils ont en effet passé un concours... Et ils ont été classés dans un ordre de mérite qui vaut par lui même la reconnaissance de la nation... Si ayant passé ce concours, ils ne sont pas efficaces, c'est à l'Etat lu même qu'il faut en vouloir car la règle est claire : le concours est égalitaire. A partir de là, le gestionnaire fait ce qu'il peut avec ce qu'il a recruté, et les lauréats n'étant pas spécialisés, il a parfois du mal à satisfaire en qualité les besoins de managers dans les services.

Cela dit, un fonctionnaire de catégorie C coûte 1250 € à l'État en début de carrière... Les places étant chères, on retrouve dans les populations recrutées, des lauréats titulaires de diplômes largement supérieurs au niveau minimum requis par l'administration... La démotivation n'est pas loin... De plus, pour un jeune fonctionnaire affecté en début de carrière à PARIS - Il en faut - la rémunération consentie ne permet pas d'aborder la vie parisienne dans les meilleures conditions : c'est alors la "débrouille" pour se loger, pour se nourrir... On est loin du salaire décent servi par l'administration pour permettre à ses administrés de vivre honorablement.

La qualité du service est décevante... Il faut alors se pencher sur le mode de recrutement des fonctionnaires... Pourquoi ne pas rendre au gestionnaire la possibilité de recruter directement par entretien d'embauche l'expert en comptabilité dont il a besoin, plutôt que de lui imposer un spécialiste des ressources humaines recruté sur concours égalitaire? Le poste serait mieux tenu, les frais de formation seraient moindre, la rentabilité serait au rendez-vous et je n'ose me prononcer sur les économies d'échelle qui pourraient être réalisées quant au nombre de postes ouverts... C'est peut-être la solution pour finalement rendre notre administration performante... il ne viendrait à l'idée de personne de recruter un cheminot pour tenir un poste d'infirmière...

Que l'État prenne alors ses responsabilités : pour faire progresser ses services et rentabiliser l'argent investi dans l'administration (englouti peut-être...), qu'il réforme enfin le mode de recrutement de ses agents, qui s'il était efficace il y a 100 ans, ne l'est plus à l'heure de l'ultra-spécialisation des emplois... Un logisticien n'est en effet pas forcément un bon juriste et réciproquement... Quant à la rémunération des fonctionnaires, un peu de sérieux s'impose... Et s'il convient de revaloriser les salaires de la fonction publique, c'est à l'évidence par le bas de l'échelle qu'il faut commencer... Sans chercher à polémiquer... Euh euh euh...

Monsieur SARKOSY, mettez-vous à cheval... Les fonctionnaires sont déjà énervés pour une juste cause... Vous ne les énerverez pas davantage... C'est là qu'il faut se battre... 

Pour les privilégiés des régimes spéciaux en revanche...

Là ça me niffe grave...

En effet, comment s'entendre refuser un coup de main de la part de nos chers camarades de la SNCF ou de la RATP dans la tentative de sauvegarde du système de de retraites par répartition à la française quand tout le monde à mis la main à la poche sauf les 500.000 nantis des régimes spéciaux...

Les salariés du privé l'ont fait les premiers (en 1995 il me semble) et on a vu aucun syndicat se porter à leur secours pour défendre leurs acquis sociaux à l'époque... Les fonctionnaires de la fonction publique d'Etat se sont faits croquer en 2002 à la même sauce... Et aujourd'hui, ceux qui en ont profiter le plus longtemps refuseraient de participer à l'effort commun...

Certes, ces "acquis sociaux" ont parfois été conquis de haute lutte, sous la menace de l'envahisseur, ou sous la menace de la pénibilité des conditions de travail il y a quelques décennies, mais aujourd'hui je ne vois aucun résistant de la France libre en activité conducteur de train sur le réseau de la SNCF... Pas le moindre héros pour charger une locomotive hurlante d'un charbon noir et poussiéreux... Pas le moindre cheminot pour ravitailler en eau la chaudière d'une bête d'acier écumante et bouillante... Ceux-là ont participé à la reconstruction de la France dans un élan patriotique certain et souvent au péril de leur vie... Ceux-là méritent sincèrement les avantages sociaux qui leur ont été consentis par reconnaissance de la nation... Mais ceux que je vois dans la rue ces dernier temps ne leur arrivent pas à la cheville : je ne vois pas sur leur visage ce désintéressement menant au sacrifice personnel pour l'intérêt commun qui avait guidé leurs anciens... Rien de tout cela, que l'intérêt personnel au contraire... Et aucun sens du service publique par ailleurs...

En revanche, la pauvre petite dame "technicienne de surface" qui se lève habituellement à 4 heures du matin pour aller travailler paie le prix fort de cette grève... Elle a besoin de cet argent pour vivre... Elle se lève plus tôt encore pour espérer avoir un train et entre encore plus tard chez elle... Elle ne gagne pas beaucoup d'argent, son travail n'est pas intéressant, elle n'a pas de vie sociale... Et nos égoïstes patentés sacrifient gentiment son temps libre sur l'autel de l'intérêt personnel... Et elle n'est pas seule... C'est tout le petit peuple des gens qui veulent travailler qu'on prend en otage...

Et dire que les syndicats osent appuyer cela... Là aussi il y aurait réforme à prévoir... Le coté "combat" permanent du syndicaliste contre le patron, c'est d'un kitch... Carrément dépassé...

Et l'Etat ne joue pas son rôle de maintien de l'ordre social... Il ne garantit plus les libertés fondamentales des citoyens qui ne profiteront jamais des avantages des nantis qui les retiennent loin de leur travail : la liberté d'entreprendre de patron qui ne verront pas leurs employés au travail... Et pire, la liberté de travail reconnue constitutionnellement à chaque citoyen français...

Monsieur SARKOSY, tenez la barre... Et que tous puissent à nouveau jouir très vite de leurs droits... dans un système égalitaire qui sauvera peut-être le système de retraite français...

Commentaires

je partage ton analyse et souhaite qu'effectivement le pouvoir d'achat soit pris en considération. la loi des 35h pour moi a fait du mal , les patrons et l'état en échange n'ont pas augmenter beaucoup les salaires depuis ce temps ..
bonne journée

Ecrit par : serge | 21.11.2007

Oui tout à fait d'accord avec toi

Ecrit par : bdu | 21.11.2007

ce qui est le plus incompréhensible, sauf s'il y a des élections professionnelles proches à la SNCF, c'est que les cheminots sont tous conscients qu'ils vont devoir passer aux 40h!
La France doit être modernisée pour être concurrente dans l'univers de la mondialisation.
Et puis il restera toujours aux cheminots à leur épouse, à leurs enfants jusqu'à 18 ans, la presque gratuité des transports..... et autres...... car ils vont bien garder quelques bribes de leurs avantages les cheminots!
Bonne journée

Ecrit par : senioretjournal | 21.11.2007

un petit bonjour en passant en ce luindi un peu frais
bon courage pour la semaine

Ecrit par : serge | 26.11.2007

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